La « renaissance » de l’accordéon

La « renaissance » de l’accordéon

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L’évolution de la facture instrumentale

En 1947, Pierre Monichon musicologue lance l’accordéon est-il un instrument de musique?
Voici une phrase extraite de la conclusion de cette thèse :  


« On ne pourra jamais admettre dans les écoles officielles un instrument assujetti à des accords réalisés mécaniquement, et l’accordéon ne sera véritablement équilibré et parfait que lorsque ses deux claviers seront identiques. »

Pierre Monichon
l'harmonéon de Pierre Monichon

Et c’est en 1948 que Giovanni Segalla, le beau-frère du
luthier italien Bortolo Busato sortit à Paris un prototype appelé harmonéon à la demande de Pierre Monichon permettant au professeur d’initier ses élèves à tous les styles d’écriture.

En 1952, l’instrument fut présenté pour la première fois en public par Monique Lecoq, qui interpréta l’ouverture des Noces de Figaro. Peu après, l’association Lecoq-Taupin fit entendre la Symphonie n°40 en sol mineur de Mozart et l’ouverture de Freishütz de Weber.

Le 7 mars 1959, Abbott donne le premier récital sur accordéon de concert Harmonéon au conservatoire de Paris. Au programme : des oeuvres de Bach, Franck, Faure et Chostakovitch.

L’arrivée de l’accordéon dans de nouveaux styles

L’accordéon, vers les années 1980, revint en force. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cela.
D’abord l’attrait des musiques traditionnelles et folkloriques qui utilisent beaucoup l’accordéon (musique bretonne, slave, musique cajun…).
Ensuite, l’utilisation par des chanteurs français comme Renaud qui finissent par remettent au goût du jour, il serait également restrictif de passer sous silence l’émergence de l’accordéon dans la création contemporaine d’avant-garde grâce aux prodigieux progrès de la facture instrumentale et de l’évolution de l’état d’esprit du monde dit « classique ». On n’omettra pas de citer Pascal Contet, accordéoniste français et concertiste international qui contribue activement à développer le répertoire contemporain avec des compositeurs comme David Venitucci, Bernard Cavana, Vinko Globokar, Jacques Rebotier, Jean-Pierre Drouet, Bruno Giner, Jean Françaix, etc.

Ainsi, l’accordéon est réapparu à la fois dans les musiques de film -comment ne pas citer Le Fabuleux destin d’Amélie avec sa magnifique BO composée par Yann Tiersen- mais également dans le jazz. On citera des compositeurs comme Richard Galliano dont son New York Tango a été la musique du générique de PJ (une série sur France 2 à l’époque). Bien entendu, l’accordéon est encore très présent dans la chanson française.

Je vous propose d’écouter et de regarder Daniel Mille en concert au Festival international de jazz à Montreal