Les cousins de l’accordéon

 

Le concertina

Le concertina, cousin de l'accordéon

C’est en 1829 que le chercheur physicien anglais Charles Wheatstone donne naissance à un instrument nommé : concertina préfigurant ainsi l’accordéon de concert actuel.
Le concertina est le plus généralement de forme hexagonale et produit la même note sur une échelle chromatique quel que soit le sens du soufflet et, ce, sur les deux claviers mélodiques disposés symétriquement de part et d’autre du soufflet. Le compositeur le plus illustre s’étant intéressé au concertina est sans aucun doute Hector Berlioz. Pourtant très abouti dès sa création le concertina ne connaîtra pas l’essor de l’accordéon. Il existe également des concertinas diatoniques (système du tirez poussez ou bi sonore). Le concertina est essentiellement utilisé en Angleterre, en Irlande, en Écosse, ainsi qu’en Afrique du Sud… Mais il est connu aussi pour être l’instrument des clowns et des gens du spectacle.

Le bandonéon

Né en 1840 en Allemagne, il doit son nom à un hommage à Heinrich Band, marchand de musique et éditeur qui a contribué à populariser le konzertina allemand d’où il est issu. De forme « carrée », doté d’un soufflet en 3 parties, il possède 2 claviers mélodiques qui produisent une gamme chromatique. La particularité du bandonéon provient de son timbre unique, sonnant comme un  » cuivre bouché  » main droite et un  » bois  » main gauche ; chaque touche produisant un son doublé à l’octave. Le clavier de la main droite sonne à une octave au-dessus du clavier de la main gauche. Il existe deux types de bandonéons : les modèles  » chromatiques  » (uni sonores), dont on doit la création en 1924 à Louis PÉGURI (accordéoniste) et les modèles diatoniques (bi sonores), modèles originels qui possèdent cependant une échelle chromatique.
Le bandonéon apparaît d’abord dans les temples protestants qui ne possèdent pas d’orgues et lors des processions religieuses. Il est utilisé pour les musiques à danser, notamment en Pologne. Au début du XIXème siècle, il est exporté vers l’Uruguay et l’Argentine où il est rapidement intégré à la musique tango ; Buenos Aires devenant dès lors la mère patrie du Bandonéon. Dans les années 1920, le Bandonéon sera popularisé à PARIS qui découvre alors le tango. La très grande expressivité de l’instrument lui permet d’être tout aussi rageur que mélancolique. Aujourd’hui le bandonéon s’intègre également au jazz, à la variété ou encore à la musique contemporaine.

 

L’accordina

L'accordina, un cousin de l'accordéon

Longtemps passé inaperçu, ignoré des accordéonistes, inconnu du grand public, cet hybride entre accordéon et harmonica est né de l’imagination d’André Borel, vers la fin des années 1930. l’accordina est breveté en décembre 1943. Il emprunte à l’accordéon ses anches libres et son clavier chromatique (44 notes, 3 octaves et demi).
Il tient de l’harmonica le souffle produit par le musicien et le principe de ses deux volets latéraux qui permettent de moduler le son, comme le fait l’harmoniciste avec ses mains. Il faut attendre les années 1 950 pour le voir fabriqué, au moment où Borel crée sa société commerciale (dissoute en 1954). En 1950, il donne un concert radio- diffusé d’accordina, avec sans doute un prototype ou l’un des tous premiers modèles ! Pour commercialiser son instrument, Borel privilégie un partenaire de poids : les établissements Beuscher, qui le suivront jusqu’au milieu des années 1970, période où cesse la fabrication.

 

Afin de découvrir cet instrument, je vous propose cet enregistrement de Richard Galliano à l’accordina