L’accordéon de concert

Depuis le début du 20ème siècle, quelques précurseurs s’acharnent à sortir l’accordéon de sa réputation populaire et de l’élever au rang d' »instrument savant ». Divers systèmes ont été testé dans le but de doter l’instrument de 2 claviers parfaitement identiques.

Ces recherches ont conduit à deux modèles :
– l’accordéon à basses chromatiques dont le clavier d’accompagnement se transforme alternativement en clavier à basses composées (avec les accords déjà formés pour plus d’informations, voir l’organisation du clavier d’accompagnement) et en basses chromatiques donc parfaitement identique au clavier chant.
– l’harmonéon mis au point en 1948 par Perre Monichon présentant uniquement les 2 claviers (accompagnement et chant) identiques.

Ces progrès ont permis aux accordéonistes de montrer les possibilités de l’accordéon et surtout de pouvoir retranscrire pratiquement n’importe quelle oeuvre classique pour piano par exemple. Cela a permis d’intégrer l’accordéon qui était jusque là refusé dans les conservatoires jugé comme un instrument trop « facile » à cause de son clavier comportant les accords déjà formés et trop limitant. C’est l’accordéon à basse chromatique qui s’est imposé dans les conservatoires.

La date de création de la classe d’accordéon sous la direction de Max Bonnay au CNSM de Paris est une date très importante pour l’évolution de l’accordéon en France. En effet, elle témoigne d’une reconnaissance tardive de l’accordéon en tant qu’instrument à part entière. Ce n’est que depuis 1986 qu’en France, sous l’impulsion de Marcel Azzola, Frédéric Guérouet, Max Bonnay, Myriam Bonnin l’accordéon est reconnu par le ministère de la culture et prend peu à peu se place au sein des écoles de musiques et conservatoires.
Cependant, l’accordéon de concert est actuellement pratiqué par environ 10% des accordéonistes.

Malgré la reconnaissance de l’accordéon en tant qu’instrument de musique « classique ou savante » nombreux sont ceux qui n’osent appeler leur instrument mais on préféré l’appeler accordéon de concert, accordéon classique ou même bayan de peur de raviver une connotation populaire.

Je vous propose un extrait plutôt impressionnant du 2ème concerto des 4 saisons d’Antonio Vivaldi l’été interprété par Alexander Hrustevich sur un accordéon de concert

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