Fabrication d’un accordéon

Comme nous avons pu le voir, l’accordéon est un instrument acoustique dont le principe de fonctionnement est d’envoyer de l’air qui fait vibrer des lamelles. Il compte de 3596 à 6800 pièces et pèse de 6 à 15 kilos pour les modèles courants. Ainsi, il faut entre 60 et 200 heures pour fabriquer un accordéon en fonction du type d’instrument.

Accordéon de concert

La fabrication des caisses et du soufflet

Fabrication de la caisse d'un accordéon

La caisse est en quelque sorte équivalent à la carrosserie pour la voiture. Elle doit avoir une géométrie rigoureuse et une finition de surface irréprochable. Elle est vernis selon le goût des clients de différentes couleurs.

La fabrication d'un soufflet

Le soufflet est un élément essentiel pour l’expression musicale on parle par ailleurs souvent du poumon de l’accordéon. Il est fabriqué en carton plié suivant quatre bandes reliées entre-elles par des losanges confectionnés en peau de chevreau. Le carton est tapissé de satin et les angles sont renforcés par les coins du soufflet réalisés en acier inoxydable. Les deux extrémités sont terminées par un cadre en bois qui doit s’ajuster parfaitement dans la caisse.

La fabrication du sommier

Cette vidéo a été réalisée par Yves Gaubert dont voici l’adresse de son site : http://yvusaccordeons.free.fr/

La fabrication de la « musique » et sa mise en place sur le sommier

La musique repose sur le principe de l’anche libre. La lame découpée dans des bandes d’acier spécial est usinée, meulée selon différentes formes et dimensions pour ébauchée la note initialement souhaitée. Un premier dégrossissage sur machine améliore la justesse de la note. La lame est ainsi clouée et ajustée dans une lumière découpée sur la plaquette musique réalisée en « Duralumin » . Pour un accordéon chromatique chaque plaquette est munie de deux lames identiques. Vis à vis de ces lames, de fines lamelles de cuir sont collées sur la plaquette afin d’assurer l’étanchéité et de sélectionner la vibration de la lame (voir le principe d’anche libre).

Montage des lames

La fabrication des claviers

Précisons d’abord que le « doigté » (disposition des touches) varie suivant le système adopté : Italien (le plus répandu), Belge ou Français. Vous comprendrez que la complexité est telle que construire un accordéon est une véritable oeuvre, d’autant plus que certains systèmes peu usités interdisent le lancement de toute série, ainsi pour le système français. Main droite : Le nombre de boutons varie en fonction de l’importance de l’accordéon. 

Le montage de la main droite

Entre 46 et 72 boutons suivant sa destination (professionnel ou élève). Pour un instrument à touches piano, il faut en compter de 37 à 41. Mais derrière cette façade de boutons se dissimule une multitude de pièces métalliques aboutissant chacune à la soupape qui commande l’ouverture ou la fermeture de la note désirée en entrant en contact avec la table d’harmonie. D’innombrables ressorts maintiennent l’ensemble sous tension et donnent la douceur et le nerveux désiré au clavier. Des doubles rondelles de feutre évitent le contact bruyant du bouton sur la « tassetière ».

Le montage de la main gauche

Main gauche : De 60 à 120 boutons qui correspondent à une forêt de tiges coupée dans des ronds d’acier galvanisé, suivant différentes longueurs, puis assemblée par soudage électrique, puis dressées et ajustées une à une dans la caisse. Il convient de noter que l’ensemble main gauche pèse environ le tiers du poids total. Les registres : Des plaques de « duralumin » comportant de multiples lumières coulissent à la demande dans la contre-table d’harmonie. Ces lumières peuvent donc tour à tour occulter ou ouvrir le passage de l’air en direction de telle ou telle plaquette musique. Ainsi on obtient le changement de timbre de l’instrument. Un exemple : le modèle « Vedette 414 » comporte 9 registres dont 2 de rappel : Flûte, Basson, Bando, Céleste Musette, Céleste Grave, plein jeu, cela pour la main droite. A la main gauche la puissance est obtenue par 4 voix. La fosse de résonance : Pour augmenter les possibilités de l’instrument (variété de sonorités et puissance) on installe une sorte de registre additionnel. Situé dans la caisse « main droite » à l’arrière du clavier, cet ensemble comprend donc pour lui seul un sommier particulier et la mécanique commandant les soupapes reliées au clavier par des biellettes spécialement conçues.

Réglage d'un accordéon

Le montage : La multitude de pièces, d’ensembles et de sous-ensembles sont montés dans l’atelier le plus vaste de l’usine. Cette opération longue et minutieuse voit naître définitivement l’instrument. Elle s’achève par une longue phase où interviennent de nombreux réglages au niveau des divers mécanismes. Cette opération est réalisée par des spécialistes ayant l’oreille « intégrale » (oreille percevant très exactement la note juste sans l’aide d’un instrument). Il faut environ de 5 à 20 heures selon la taille et la complexité de l’accordéon. L’emploi d’un matériel électronique sophistiqué (oscilloscope) facilite désormais la tache de l’accordeur, mais les qualité professionnelles exceptionnelles de ces personnes demeurent requises.